
Devrait-on consacrer un blog a part entiere aux notes de bas de pages, aux references, aux films et aux bouquins, aux personnages croises dans l'immense Freelance de P.Garnier. Apres Harford et son Merdier, auquel Garnier, consacre un bon chapitre, Jenkins et son Semi-Tough. Qualifie en note, page 32 de "meilleur roman sur le foot americain". Bof, ca suffit largement quand on sait que Jenkins frequenta Grover Lewis a Fort Worth et quand on lit "meilleur..." sous la plume de Garnier. Ca fait un peu fan, vrai mais pas beaucoup de journaliste/critique nous auront fait decouvrir autant de trucs. Dont acte. "Meilleur roman sur le foot americain", on ne dispose pas de point de comparaison, affaire reglee. Roman sur le sport? je cherche, je ne trouve pas grand chose non plus.
Donc reste juste, un chouette chouette bouquin, bien plus touchant qu'on ne voudrait le croire. En effet, Billy Clyde Puckett, football stud, phallocrate texan, raciste ricain de base, qui se la raconte sur 200 pages, en vrai, dur dur. En faux aussi, dur dur, cible trop facile. Semi-Tough (tout est dans le titre, presque faux dur) n'est pas une denonciation pseudo ironique des horreurs (rassurez-vous, il y en a des belles quand meme) pre et post-vestiaire de la NFL. Non non. C'est un roman super americain, un peu comme on qualifiait un certain cinema US 70's (parenthese: Semi-Tough fur adapte en 1975 par Michael Ritchie, cineaste tellement bien en debut de carriere, Prime Cuts, Smile, et un autre bon film de sport, Downhill Racer avec Redford). On y croise ce qu;'on y croise ailleurs : malaise du male, malaise racial, pouvoir du sexe et du fric... Mais comme Jenkins/Puckett a le point de vue d'un footballer Texan, la weltanschauung est plus nouvelle (et, et oui, plus drole) que celle d'un weathermen westcoast ou un intello NYC. Le roman passe la barre de la comedie trash et intelligente (c'etait deja pas mal), et miraculeusement, touche. Je l'avoue, j'ai eu du mal a me separer de mes nouveaux amis, totalement infrequentables, Puckett, Shake et Barb. Les presentations sont faites...
"Shake Tiller has said that if I was black I would not be though of so much as any kind of hell and it would hurt me in the pocketbook. He's probably right.I wish that I was black sometimes, not because it would make me any faster, but becasue lot of my buddies on the Giants are spooks who don't really enjoy being spooks. I don't think I'd let the worldjack me around so much if I was a spook, but then I can't really say."
Dan Jenkins, Semi-Tough, Signet.