
Son père tenait un café dans le Wisconsin.
Lui s’est contenté de faire l’essentiel de ses photographies des années soixante et soixante-dix dans les bars de Boston, considérant ces lieux comme une « zone de combat ». Avec soi-même, avec la solitude, avec le whisky, avec l'ombre qui gagne du terrain. Les photos de Jerry Berndt ont ceci de paradoxal qu’il est nécessaire, pour en apprécier les contrastes, de les exposer à la pleine lumière du jour - quand elles ne font que condenser le bruit mat et solitaire de la nuit. Sur le mur de l’une d’elles, on peut lire l’inscription The war is over. La guerre est finie. Et comme en dessous on y voit un pochard éberlué, assis sur un carton posé à même le caniveau, en pleine léthargie petit matin, on devine que la guerre a été une fois de plus perdue.
Jerry Berndt, Insight, Steidl, 2008
