Je ne

La creation des D in D en temoigne, on a toujours ete convaincu d'un certain lien entre gout musical et gout litteraire/cinematographiques. Et un peu enerve par le manque d'eclairage editorial sur ces connexions.
Je ne vais pas le cacher, la reedition de bouquins ou de films est un vieux reve, et j'ai toujours pense que le faire sous l'etiquette d'un label de disques ne serait pas la pire des idees.
En tombant par hasard sur cette reedition de Ritual (je cherchais une copie depuis un moment-trop cheres), Je me suis senti moins seul. Car c'est exactement cette optique que partage Finders Keepers avec cette premiere Forgery. Je ne suis qu'a moitie etonne que ce soit eux qui saute le pas, on connait bien la rage archiviste de leurs compilations. Mais chapeau bas a Andy Votel pour ne pas sortir un livre sur la musique.
Quelques mots sur le livre quand meme. Ritual de David Pinner est surtout connu comme le texte qui inspira Wicker Man (plus d'infos dans la jolie preface de Bob Stanley, ex-Saint Etienne). Si j'ai toujours trouve le film surestime, le bouquin meritait lui tellement cette resurrection. Ecrit en 1967, il demonte, charcute, noircit au fusain la campagne anglaise de carte postale via un curieux melange: onirisme, terreur pure, mechancete acide, provocation crue, vulgarite pulp... Le cliche vaut ici le coup: un ton et une atmosphere unique.
En dire plus sur la trame gacherait le plaisir. On espere que l'intitiative fera suite, en Angleterre mais surtout en France, ou des tonnes de perles attendent desesperement une traduction. Si un editeur lit ces lignes et se sentirait tente par une collection 'Discipline in Disorder', il ferait beaucoup d'heureux. Parmi les curateurs certes, mais, je prends le pari, chez les lecteurs (la demande est la) aussi.
Voila, c'est dit. On peut toujours rever. Et puis on peut aussi se dire qu'on suivra l'exemple de Finders Keepers en finissant par le faire nous meme. A bon entendeur...
David Pinner, Ritual, Finders Keepers Forgery, London, 2011.